L’INTERVIEW DE LA FIN
L’INTERVIEW DE LA FIN
Un journaliste mystère nous a demandé notre ressenti sur cette petite
année passée à l’autre bout du monde (promis, on a répondu aux questions chacun
de son côté !), voici nos réponses…
Que regrettez-vous d’avoir emporté ?
V : un maillot de bain avec uniquement le haut (p’tite tête !), un brumisateur qu’on n’a jamais pensé à sortir, un chargeur solaire qui ne marche pas !
N : le matelas de camping (percé dès la deuxième nuit) et le duvet Décathlon (trop petit) qui n’étaient pas d’une super qualité.
Quel matériel supplémentaire auriez-vous dû prendre ?
V : une lampe frontale, un dos et des bras plus musclés, l’épilateur électrique, le bas du maillot de bain en question ( !)
N : l’appareil photo de JC pour prendre des photos sous l’eau, de la barrière de corail et des dauphins. Tant pis, faudra revenir pour ça… J
Votre rencontre la plus émouvante ?
V : un soir à Coolgardie dans le South Australia, alors que nous étions en train de cuisiner au barbecue, un Aborigène est venu nous parler de son amour pour son pays et se demandait si nous avions peur des Noirs…
N : Clémence et Florent qui nous ont accueillis à bras ouverts après seulement quelques heures d’échange autour d’un verre en France.
La plus inattendue ?
V : une copine de collège du Mans rencontrée à Sydney dans le restaurant où je travaillais !
N : La rencontre avec un Aborigène dans une ville de l’outback. Il pensait que l’on avait peur de lui parce qu’il était noir et aussi parce qu’il aurait eu des raisons de ne pas nous aimer en tant que « Blanc », sachant ce que les précédents « Blancs » ont fait à son peuple.
Votre meilleure expérience pro ?
V : Merlo Kitchen à Brisbane où je travaillais en tant que commis de cuisine, j’avais l’impression de jouer à la dinette ! Les managers étaient sympas, encourageants. Mais attention aux doigts !
N : Merlo Kitchen, j’ai vraiment aimé la chance qui nous a été donnée dans ce job, alors qu’ils savaient que nous n’avions aucune expérience en cuisine. Cette confiance a été, je l’espère récompensée par l’énergie que j’ai pu fournir pour faire de mon mieux. De leur côté, les managers nous ont vraiment pris sous leur aile pour apprendre et avancer. Bref, cela c’est fini précipitamment avec un licenciement un peu rapide, mais quand la haute direction décide…
Le pire job ?
V : j’hésite entre la boulangerie Poppy’s Basket et le restaurant Dell Ugo, tous deux à Brisbane pour le rythme infernal et la pression de la part des managers.
N : Par défaut, car ce n’était pas vraiment une mauvaise expérience, je dirais Hasham’s Dips. Mon premier job fut pour moi l’occasion de me lancer en anglais. Je dirais tout de même le pire, car le manager était quelque peu impulsif et pas toujours très agréable. Il m’a souvent pris pour faire des taches pénibles (nettoyer la chambre froide par exemple, -15°C en permanence !). et le salaire n’était pas top. De plus, il m’a fait croire que j’étais déclaré et qu’il me retirait des taxes pour les payer à l’Etat. Avec l’expérience des jobs suivants, je sais maintenant que sans fiche de paye hebdomadaire, on est souvent payé au black.
Le plat « aussie »
le plus horrible :
V : sans hésiter la Vegemite ! (pâte noire à base de mélasse que les Australiens tartinent sur du pain au petit déjeuner). Sebounet, si ça peux te rassurer, le gingembre à côté, c’est du Nutella. Sinon, les plats frits ou en sauce en général qui nous rappellent que les Etats-Unis ne sont pas très loin…
N :la tartine de Vegemite le matin au p’tit dej (où n’importe quand dans la journée d’ailleurs).
Une agréable surprise culinaire ?
V : coup de cœur pour le garlic bread (pain tartiné de beurre à l’ail que l’on prend à l’apéro), les muffins, le barramundi (poisson)
N : le burger australien, avec betterave et ananas dedans, c’est pas ce qu’il y a de mieux en cuisine, mais en Oz, il faut pas être trop difficile.
La bière « aussie »
que vous avez particulièrement appréciée :
V : peu amateur de bières à la base, je dirai la XXXX Gold mais je reste fidèle à la Corona.
N : la Carlton Draught.
Ce qui plaît au porte-monnaie :
V : la nourriture (on peut manger un sandwich pour l’équivalent de 2€, boire une bière pour 1,50€)
N : l’essence (j’ai checké régulièrement croyez moi !), tout ce qui est technologie, dû au taux de change euro/AUD (dollars Australlien).
Ce qui est beaucoup plus cher qu’en France :
V : les transports.
N : la nourriture et en particulier les fruits et légumes qui sont chez nous communs, pas forcément ici, les produits laitiers, les amendes ou le ticket de stationnement.
On ne peut terminer un séjour en
Australie sans évoquer la faune…
L’animal que l’on a le plus vu en Oz :
V : les perroquets (que ce soit les petits lorikeets ou les gros cacatoès) puis les kangourous.
N : le kangourou pour le mammifère, et sinon, les cacatoès blancs et loriquets.
La bestiole la plus pénible :
V : bzzzz, la mouche !
N : la mouche, rien de plus inutile sur terre !
Votre peluche fétiche :
V : je suis devenue fan des koalas (ils sont trop mignons !)
N : le diable de Tasmanie.
Et la nature d’une manière
générale…
Le paysage le plus spectaculaire
V : la plage de Whitehaven Beach (le paradis blanc) et il l’est vraiment…
N : sous l’eau, la barrière de corail, sur terre : la plage de whiteheaven beach (le paradis sur terre).
Votre endroit sauvage coup de cœur ?
V : les chutes d’eau de Jim Jim Falls dans le parc national de Kakadu (Terrritoire du Nord).
N : le parc national de Blackdown Tablelands.
La température la plus élevée ?
V : 43.7°C je crois à Melbourne en janvier-février.
N : 47.6°C dans le Victoria au moment des feux de forêt.
La température la plus basse ?
V : 0°C près de Ayers Rocks dans le centre rouge, une nuit dans une toile de tente, j’en ai encore froid dans le dos !
N : -1°C dans le centre de l’Australie au début de notre trip (en hiver donc).
Quel a été votre film préféré en Oz ?
V : même si je ne suis pas fan des Batman, je pense Dark Knight que nous avons vu sur écran géant et qui donne des frissons !
N : Dark night sur écran géant à l’Imax.
Un endroit incontournable pour sortir ?
V : l’Argyle à Sydney, la déco y est tout simplment superbe. Autre Q.G. à Sydney, le Black Bird qui propose des pizzas à 5$ et de nombreux cocktails à tarif réduit lors des happy hours.
N : le Whoolsheld à Cairns
Qu’est-ce qui vous manquera le plus en quittant ce pays ?
V : la bonne humeur et la joie de vivre des Australiens, le beau temps, porter des tongues tous les jours !
N : le mode de vie à l’australienne, avec le respect d’autrui, la confiance qu’on accorde et l’entraide permanente.
Que pensiez-vous ne pas être capable de faire avant d’arriver en
Australie ?
V : partir dans le désert hors d’un circuit organisé, plonger près de requins, se promener dans un parc non loin de crocodiles.
N : laisser le van ouvert (voire les clefs dessus) et s’éloigner quelques instants.
Des sensations fortes ?
V : la plongée dans la Barrière de Corail, la nage avec les dauphins, le 4X4 dans les dunes de sable.
N : Nager avec des dauphins, et aussi plonger avec des requins (mais ceux-là ne sont pas dangereux).
Ce qui vous met en colère :
V : les backpackers qui ne respectent pas les autres ni l’Australie, les commerçants qui n’affichent pas les prix, les ronfleurs.
N : les Français qui débarquent ici et qui nous donnent la réputation de personnes malhonnêtes et sans réelle volonté de vouloir s’adapter au pays qui les accueille.
Ce qui vous met du baume au cœur :
V : un Australien qui vient nous proposer son aide quand on ouvre un plan, un simple « Good Day, mate ! » (bonjour, l’ami !).
N : toujours l’entraide entre les gens ici, en particulier pour les incendies du Victoria. Je sais maintenant à quoi ressemble la solidarité.
Si vous deviez revenir vous installer en Oz :
V : j’opterais pour Sydney ou Brisbane pour la qualité de vie et le dynamisme qui y règnent (de nombreux parcs, la plage pas très loin, cinémas, musées et bars).
N : Ca serait le bonheur. La seule chose qui me manquerait, ce sont mes proches… et peut être un peu la bonne bouffe aussi…
Ce que l’on a appris sur soi-même
V : malgré la première peur, il faut se lancer et se dépasser, que ce soit pour vivre dans un van au gré de ce que l’on découvre sur place, chercher un endroit où dormir, prendre une douche et prendre son repas, partir dans le désert,…
J’ai appris à « penser la vague
Je peux partir à la pêche (mais je tiens 6min30)
On peut survivre à une douche froide (en l’occurrence, des dizaines)
J’ai revécu la période des lessives à la main qu’ont connu nos aïeux
Je peux être copilote et lire un plan (mais il faut le tourner dans le bon sens lol)
Je peux lire un pavé de 300 pages en une journée
Un filet anti-mouches et des boules Quiès peuvent s’avérer indispensables
ce que j’ai confirmé sur moi-même : je ne serai jamais mathématicienne
N : pleins de choses, mais le plus important pour moi est ce travail sur la rancune qui a sensiblement changé.
Un regret ?
V : de ne pas être allée en Nouvelle-Zélande, ce sera pour un autre voyage…
N : de ne pas avoir pu aller vivre dans un ranch dans le Western Australia comme nous le souhaitions.
Le mot de la fin
V : Un gros bisou à Clem & Flo, Elodie & Luis, Céline et James, Mathurin, Nico, Anne, Barbara, Rolf, Jérôme, Pablo, Natacha & Marion, Ginette, Natalia, Steve, Haydn & Julia, Ashley et Kain, Marian, Guillaume & Sarah,Maggie, Jay, Craig & Tony etc. Chacun son histoire, son projet en oz, ses péripéties…
Toutes ces belles rencontres nous ont permis de faire un mini tour du monde et d’apprendre un peu plus sur Taiwan, le Brésil, le Canada, l’Italie, l’Allemagne, l’Australie, la France et bien d’autres pays.
L’Australie est un pays merveilleux, n’hésitez pas à aller découvrir cette terre sauvage et ses habitants si chaleureux, on en ressort grandi et avec une autre vision des soucis quotidiens que l’on peut rencontrer en France (les grèves, la violence, les médias alarmistes…). J’espère que ce pays jeune continuera à se développer et prospérer.
Merci au Working Holiday Visa d’exister et de permettre aux jeunes de découvrir ce pays à bon marché !
Merci à tous ceux qui ont fait de ce voyage une expérience inoubliable ; ça valait vraiment le coup !
Et un petit mot à mon co-interviewé pour lui dire merci d’avoir rendu ce rêve possible et pu partager tous ces moments magiques. I’m so happy with you !
N : Si c’était à refaire, ca serait sans hésitation. Je conseille sincèrement à ceux qui ont l’opportunité et/ou l’envie de le faire, de ne pas hésiter à se lancer. Cela paraît un projet énorme qui demande beaucoup de préparation : Il y en a évidemment, mais rien d’insurmontable par rapport au bonheur que cela procure. Et s’il vous plait, respectez le pays où vous vous trouvez, vous en demandez autant en France…

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